La pompe à chaleur a la réputation de chauffer presque sans rien dépenser. La réalité est plus nuancée. Une PAC consomme entre 3 500 et 5 500 kWh d'électricité par an pour une maison de 100 m², et c'est cette électricité qui pèse sur votre facture. La consommation d'une pompe à chaleur dépend autant de l'appareil que du logement qui l'entoure. Voici comment elle se mesure, ce qu'elle coûte vraiment, et les leviers qui font baisser ce niveau de consommation.
Combien consomme une pompe à chaleur en moyenne ?
Une PAC consomme en moyenne 35 à 51 kWh par mètre carré et par an, selon l'ADEME. Sur une maison de 100 m², la consommation annuelle se situe donc entre 3 500 et 5 500 kWh d'électricité. L'écart tient à la technologie. Une pompe géothermique puise la chaleur dans le sol et reste la plus sobre. Une pompe aérothermique capte les calories de l'air extérieur et demande un peu plus d'électricité, surtout quand les températures chutent.
Cette consommation électrique moyenne bouge aussi selon le modèle. Le tableau ci-dessous donne les ordres de grandeur par type de pompe, pour une maison de 100 m².
| Type de pompe à chaleur | Consommation annuelle (maison 100 m²) | Coût indicatif par an |
|---|---|---|
| PAC air-air | 4 500 à 5 100 kWh | 990 à 1 120 € |
| PAC air-eau | 3 500 à 5 500 kWh | 770 à 1 210 € |
| PAC géothermique | 3 200 à 3 500 kWh | 700 à 770 € |
Le coût en euros suit directement le prix du kWh, proche de 0,22 € au tarif réglementé début 2026. Ces chiffres restent des repères. Votre facture réelle se calcule à partir de votre logement et de votre appareil.
Quelle est le coût d'une PAC sur une journée ?
En moyenne sur l'année, une PAC air-air consomme environ 2,90 € d'électricité par jour. Comptez plutôt 2,70 € pour une pompe air-eau et 2 € pour une géothermique, toujours au prix du kWh actuel. Cette moyenne lisse tout, l'été sans chauffage comme les pics d'hiver. En pleine saison froide, la dépense réelle monte à 4 ou 5 € par jour, puis retombe à zéro l'été.
Comment calculer le COP d'une pompe à chaleur ?
Le calcul tient en une division : COP = nombre de kWh produits par la pompe divisé par le nombre de kWh consommés. Si l'appareil restitue 3 kilowattheures de chaleur en n'absorbant qu'un seul kilowattheure d'électricité, son COP vaut 3. Les deux valeurs nécessaires sont fournies par le fabricant, mesurées dans des conditions normées.
kWh produits : la chaleur réellement délivrée au circuit de chauffage.
kWh consommés : l'électricité utilisée par le compresseur pour faire tourner le cycle.
Bon à savoir
Ce ratio reste théorique. Il correspond à un point de mesure précis, souvent noté A7/W35, soit 7 °C dehors et une eau chauffée à 35 °C. Chez vous, le résultat varie selon la météo et la température demandée. Le chiffre annoncé donne donc une base de comparaison entre modèles, pas une garantie de performance au quotidien.
COP et SCOP : quelle différence ?
La différence tient aux conditions de mesure. Le COP correspond à un point fixe en laboratoire, là où le coefficient de performance saisonnier, le SCOP, couvre une saison de chauffe entière. Il intègre les jours doux comme les périodes de gel, les démarrages et les ralentis. Résultat : le SCOP reflète bien mieux le rendement que vous obtiendrez vraiment sur l'année.
Concrètement, une pompe peut afficher un COP flatteur à 7 °C et un SCOP plus modeste une fois la moyenne hivernale prise en compte. Pour comparer deux appareils, le SCOP est donc le chiffre à regarder en priorité. Le COP reste utile comme repère ponctuel, à conditions identiques.
Deux autres sigles apparaissent sur les fiches techniques pour le mode rafraîchissement : l'EER mesure l'efficacité à un instant donné, le SEER sur toute la saison estivale. Même logique que COP et SCOP, appliquée au froid plutôt qu'au chaud.

Chauffer mieux et consommer moins !
Demander un devisQuel est un bon COP pour une pompe à chaleur ?
La plupart des pompes à chaleur affichent un COP entre 3 et 5. En dessous de 3, l'appareil reste intéressant mais consomme davantage. Au-delà de 5, on touche le haut du panier, souvent réservé aux installations bien pensées. Un cop moyen autour de 4 constitue déjà un bon niveau pour un usage résidentiel.
Le chiffre seul ne suffit pas à juger. Un meilleur cop annoncé par le fabricant vaut pour ses conditions de test, pas forcément pour votre maison. Une pompe à COP élevé installée sur des radiateurs très chauds ou dans un logement mal isolé perdra une partie de son avantage. À l'inverse, un modèle au COP plus sage, bien adapté à votre circuit, tiendra ses promesses. C'est pourquoi il vaut mieux comparer les appareils avant l'achat en tenant compte de votre installation, et pas uniquement de la valeur la plus haute.
Le COP selon le type de pompe à chaleur
Le COP varie selon le type de pompe à chaleur et la source d'énergie qu'elle exploite. Une pompe air-air et une pompe air eau puisent dans l'air extérieur, dont la température fluctue au fil des saisons. Leur COP tourne le plus souvent entre 3 et 4. Une pompe géothermique exploite la chaleur du sol, stable toute l'année, et atteint des valeurs plus hautes, car l'écart de température à combler reste régulier.
Pour une pompe à chaleur air eau, le résultat dépend aussi des émetteurs raccordés. Sur un circuit basse température comme un plancher chauffant, il grimpe. Sur des radiateurs anciens qui réclament une eau très chaude, il descend.
Les facteurs qui influencent le COP
Le COP réel n'est jamais figé. Il monte ou descend selon les conditions d'utilisation, parfois loin de la valeur affichée sur la fiche technique.
La température extérieure pèse en premier. Plus l'air se refroidit, plus l'écart avec la source froide se creuse, et plus la pompe force pour produire la même chaleur. Son COP baisse donc en plein hiver, au moment où le besoin de chauffage culmine.
La température de l'eau demandée par les émetteurs : un plancher chauffant à 35 °C laisse un bien meilleur COP que des radiateurs à 55 °C.
La qualité de l'isolation : un logement bien isolé réclame moins de chaleur, donc moins d'électricité pour le même confort.
Le dimensionnement : une pompe trop puissante multiplie les cycles courts, qui dégradent le rendement.
Ces leviers se cumulent. Une même pompe à chaleur peut afficher un COP de 4 dans une maison récente bien isolée avec plancher chauffant, et plafonner à 2,5 dans un logement passoire équipé de vieux radiateurs.
Comment améliorer le COP au quotidien ?
Améliorer le COP passe par des réglages, pas par de gros travaux. Le levier le plus direct consiste à abaisser la température de départ de l'eau. Chaque degré gagné allège le travail du compresseur et fait remonter le rendement de la pac. Sur un plancher chauffant, une eau autour de 35 °C suffit dans la plupart des cas.
L'entretien joue aussi. Une unité extérieure encombrée de feuilles ou de poussière capte moins bien les calories de l'air. Un dépoussiérage régulier et une vérification annuelle gardent l'appareil à son niveau. Évitez enfin les écarts de consigne brutaux : couper la pompe puis la relancer à fond consomme davantage que de maintenir une température stable. Pour tirer le meilleur rendement de votre installation au fil des saisons, mieux vaut bien régler la pompe dès le départ plutôt que d'ajuster sans arrêt.
Quel COP faut-il pour bénéficier des aides financières ?
Le niveau de performance conditionne l'accès aux aides. Pour les dispositifs de rénovation énergétique comme MaPrimeRénov', c'est l'ETAS, l'efficacité énergétique saisonnière, qui sert de critère. Cet indicateur reprend le SCOP exprimé en pourcentage. Depuis le 1er janvier 2026, une pompe à chaleur air-eau basse température, avec un départ d'eau à 35 °C, doit afficher un ETAS d'au moins 126 % pour être éligible aux aides financières du gouvernement. Le seuil descend à 111 % pour les modèles moyenne ou haute température, qui montent l'eau jusqu'à 55 °C.
Le COP d'une pompe à chaleur reste donc un critère à vérifier avant l'achat, au-delà de la seule consommation. À noter : une pompe air-air n'ouvre pas droit à MaPrimeRénov', contrairement à l'air-eau et à la géothermie. Ces seuils évoluent d'une année sur l'autre, et se consultent du côté des aides à l'installation.
Ce qu'il faut retenir :

Questions fréquentes sur le COP d'une pompe à chaleur
Un COP de 4 veut dire que pour un kilowattheure d'électricité consommé, la pompe restitue quatre kilowattheures de chaleur. Trois sont puisés gratuitement dans l'air ou le sol. Pour calculer le rendement, il suffit de diviser la chaleur produite par l'électricité absorbée.
Le COP d'une pompe figure sur la fiche technique du fabricant et sur l'étiquette énergie de l'appareil. Vous y lisez aussi le SCOP, repérable sur la carte d'Europe de l'étiquette. Si la pompe est déjà posée, l'information se trouve dans la documentation laissée par l'installateur.
Non. Le COP mesure le rendement à un instant précis, en conditions de laboratoire. Le SCOP couvre une saison de chauffe entière, avec les variations de température et les cycles de dégivrage. Pour estimer vos consommations réelles, le SCOP est le chiffre fiable.
Le rendement d'une pompe bien entretenue reste stable sur quinze à vingt ans. Une baisse signale en général un manque d'entretien : filtres encrassés, unité extérieure obstruée ou légère fuite de fluide frigorigène. Une vérification annuelle par un professionnel maintient l'appareil à son niveau.
Rédacteur
Antony
Expert des sujets liés à la toiture et à l’isolation, Antony vulgarise les informations techniques pour les rendre accessibles à tous.







